La nuit monte de l’océan quelque part derrière les montagnes. Le soleil va boire à la mer, comme dit le pêcheur créole. L’océan, dans son bleu va-et-vient sonore de houle et d’écume, est déjà un spectacle qui attire et fixe l’attention. La fascination, lorsqu’elle est rythmée par la rumeur du vent dans le feuillage d’aiguilles végétales des filaos, devient pur envoûtement. Le grand écran sous-marin sur lequel se déroule la parade d’une faune et d’une flore, orgeuil des mers capricornes. Ceux qui s’y sont plongés évoquent un monde étonnant. Ils parlent d’un royaume fabuleux où l’on frôle, entre autres merveilles, poissons multicolores et coraux qui respirent. Tant qu’il y aura des îles, les hommes trouveront mille raisons pour prendre la mer. Tant qu’il y aura des barques, les îles seront fortunées et posées comme de véritables pierres précieuses au milieu des eaux turquoises de l’Océan Indien.